L'appel de Corbeau

theravenscall.ca


9e année - Bill Reid : Exploration de l'identité

Leçon

Cette leçon est fondée sur le mât héraldique « Celebration of Bill Reid Pole » sculpté par James Hart de Haida Gwaii, qui a été interviewé à la Galerie Bill Reid de l’art de la côte du Nord-Ouest à Vancouver, Colombie-Britannique, Canada, en février 2009.

Remerciements

James Hart de Haida Gwaii a créé ce mât pour célébrer l’influence que Bill Reid a eu sur son travail artistique et celui de nombreux autres artistes autochtones. James Hart a travaillé avec Bill Reid dans les années 1980 sur des œuvres monumentales, comme les sculptures « The Raven and the First Men », « Mythic Messengers »; et l’énorme Épaulard, « Chief of the Undersea World », à l’Aquarium de Vancouver.

Deux jeunes artistes haïdas, Ernest Swanson et le petit-fils de Bill Reid, Tyson Brown, ont aidé James à sculpter le mât dans son atelier à Masset au nord de Haida Gwaii, où il a également créé le Cuivre avec l’aide de son fils GwaLiga.

Aux derniers stades de la sculpture du mât, il a été transporté à la Galerie Bill Reid d’art de la côte du Nord-Ouest, à Vancouver, où James Hart, son fils, Carl Hart, et Ernest Swanson l’ont terminé.

Le mât fut érigé le 21 février 2008.  et terminé en octobre 2009.

Le mât « Celebration of Bill Reid Pole » a été commandité par le Spirit of BC Commissioning Program, Province de la Colombie-Britannique, et par Charlie et Gayle Pancerzewski (Mukilteo, WA), avec une contribution de James Hart. Le Cuivre a été commandité par Richard et Nancy Self. Le mât fait partie de la collection de la Fondation Bill Reid et James Hart en détient le droit d’auteur (2007).

Une photo de James et Carl Hart en train de sculpter le mât figure sur le site Web, L’appel de Corbeau, à la section « Le legs » à la page « Qui était Bill Reid ».

D’autres photos du mât seront affichées au site Web de la Galerie Bill Reid d’art de la côte du Nord-Ouest, à  http://www.billreidgallery.ca.

Intentions pédagogiques

L’ERI des sciences humaines insiste sur la nécessité pour les élèves d’acquérir une bonne compréhension de leur propre identité culturelle et de comprendre comment l’identité culturelle se forme en fonction d’une diversité de facteurs.

L’ERI des arts visuels demande aux élèves d’utiliser leurs sens pour percevoir le monde ainsi que de réagir aux images et de découvrir les contextes personnels, sociaux, culturels, politiques et historiques dans lesquels ces images furent créées.

La présente leçon porte sur la vie de Bill Reid, son parcours d’artiste, et la façon dont il découvrit son identité culturelle par le biais de l’art haïda. On demandera aux élèves d’explorer leur propre identité culturelle au moyen de divers médias.

La richesse des civilisations de la côte était immense, alimentée par une mer encore plus riche. L'énergie de son peuple était sans limite et la société s’organisait autour de ce qui représentait l’essence de la vie et que nous appelons “art”. »

Bill Reid et Adelaide de Menil. Out of the Silence. New York: Harper & Row, 1971, p.80. (titre épuisé)

Objectifs de la leçon

Cette leçon permettra aux élèves de :

Résultats d’apprentissage

Cette leçon permettra aux élèves de :

Sommaire des activités du plan de leçon

Le plan de leçon comporte 7 activités. À l’exception de l’évaluation, chaque activité exigera une ou plusieurs leçons :

  1. Introduction et évaluation
  2. Bill Reid vu de plus près : biographie et citations
  3. Mâts héraldiques et traditions
  4. Emblèmes et identité haïdas
  5. Exprimer l’identité : style, matériaux et concepts
  6. Évaluation : « Je sais/Je me demande »
  7. Exercice : célébration de l’identité

Préparation pour la leçon

Documentation pour l’enseignant

Droits de propriété culturelle et intellectuelle. Alaska Native Knowledge Network. Guidelines for Respecting Cultural Knowledge (en anglais)

Ministère de l’Éducation de la Colombie-Britannique, Documents de ressources pédagogiques. Guide de l’enseignant Études sur les Premières nations de C.-B., Bibliographie (en anglais)

Ressources Web

Les Archives de Radio-Canada. Bill Reid, 1920-1998 (5 clips vidéo, 3 clips audio)

Les Archives de Radio-Canada. Bill Reid, artiste haïda (vidéo, 1:59, 1998)

Canadian Broadcasting Corporation, Site Web des CBC Digital Archives.
The Life and Legend of Bill Reid. Carvers of the Totem Poles.
(audio, 14:17, 1957) (en anglais)

Canadian Broadcasting Corporation, Site Web des CBC Digital Archives. The Life and Legend of Bill Reid. (10 clips vidéo, 7 clips audio) (en anglais)

La Fondation Bill Reid. About Bill Reid. (en anglais)

La Galerie Bill Reid d’art de la côte du Nord-Ouest. About Bill Reid. (en anglais)

KCTS 9 Television. Bill Reid Gallery. (video, 1:00, 2009) (en anglais)

KCTS 9 Television. James Hart, Haida Carver. (video, 1:00, 2009) (en anglais)

Musée canadien des civilisations Exposition en ligne. In Memoriam : Bill Reid (1920-1998).

Musée canadien des civilisations Exposition en ligne. In Memoriam : Bill Reid (1920-1998). « Corbeau vole la lumière », traduit de l'anglais par Christiane Thiollier, du livre, The Raven Steals the Light. Récits de Bill Reid et Robert Bringhurst. Dessins de Bill Reid. Vancouver: Douglas & McIntyre, 1984.

Office national du film du Canada. Bill Reid. (vidéo, 27:54, 1979) Jack Long, producteur (en anglais)

Livres à propos de Bill Reid

Reid, Bill. Introduction de Robert Bringhurst. Solitary Raven: The Essential Writings of Bill Reid. Vancouver/Toronto: D&M Publishers, 2009.

Reid, Bill et Robert Bringhurst. xml:lang="en" lang="en"The Raven Steals the Light. Récits de Bill Reid et Robert Bringhurst. Dessins de Bill Reid. Vancouver: Douglas & McIntyre, 1984.

Reid, Bill et Bill Holm. Form and Freedom: A Dialogue on Northwest Coast Indian Art. Houston: Rice University Institute for the Arts, 1975. (titre épuisé)

Reid, William. Photographs by Adelaide de Menil. Out of the Silence. New York: Harper & Row, 1971. (titre épuisé)

Livres sur Bill Reid

Bringhurst, Robert. Photographs by Ulli Steltzer: The Black Canoe: Bill Reid and the Spirit of Haida Gwaii. Vancouver: Douglas & McIntyre, 1991.

Duffek, Karen. Bill Reid: Beyond the Essential Form. Vancouver: University of British Columbia Press, 1986.

Shadbolt, Doris. Bill Reid. Revised edition. Vancouver: Douglas & McIntyre, 2003 [1986].

Livres sur l’art de la côte du Nord-Ouest

Halpin, Marjorie M. Totem Poles: An Illustrated Guide. (Museum notes, Museum of Anthropology; 3)Vancouver: UBC Press, 1981.

Harris, Christie. Raven’s Cry. Illustrated by Bill Reid, Vancouver/Toronto, Douglas & McIntyre, 1992 [1966].

Holm, Bill. Northwest Coast Indian Art: An Analysis of the Form. Seattle: University of Washington Press, 1998.

Kramer, Pat. Totem Poles. Canmore: Altitude Publishing Canada, 1995.

MacDonald, George. Haida Monumental Art: Villages of the Queen Charlotte Islands. Foreword and Illustrations by Bill Reid. Vancouver: Douglas & McIntyre, 1983.

Shearar, Cheryl. Understanding Northwest Coast Art: A Guide to Crests, Beings, and Symbols. Vancouver: Douglas & McIntyre, 2000.

Stanley, Robert. Northwest Native Arts: Basic Forms. Surrey: Hancock House, 2002. (titre épuisé)

Stewart, Hilary. Looking at Indian Art of the Northwest Coast. Vancouver: Douglas & McIntyre, 1979.

Stewart, Hilary. Totem Poles. Vancouver: Douglas & McIntyre, 2004.

Première activité : Introduction et évaluation

Étape 1 : Brève introduction

Veuillez noter que l’enregistrement audio des remarques de James Hart est en anglais, pourtant si vous cliquez sur « Transcription de l’enregistrement sonore » vous pourrez lire le texte de ses remarques en français.

Réfléchissez ensemble dans la classe aux différentes manières qu’ont une personne d’une certaine culture ainsi que les membres de sa famille de garder en mémoire, d’honorer et de célébrer des personnalités importantes de leur communauté. Discutez les nombreuses façons par lesquelles l’identité d’un groupe se développe et comment celle-ci définit et crée des communautés. Demandez aux élèves de garder ces notions à l’esprit lorsqu’ils étudient la culture haïda et le mât « Celebration of Bill Reid Pole ».

Présentez aux élèves une photo du mât « Celebration of Bill Reid Pole », mât qui fut conçu et sculpté par James Hart de Haida Gwaii. Expliquez-leur brièvement qui sont Bill Reid et James Hart de Haida Gwaii, et ce qu’est le mât « Celebration of Bill Reid Pole » .

Étape 2 : Une dette de gratitude

Enregistrement sonore : A Debt of Gratitude (2:07) (en anglais)

James Hart parle de ce que Bill Reid représente pour lui personnellement et pour sa communauté haïda.

Transcription

Les remarques suivantes de James Hart de Haïda Gwaii sont une adaptation française de la transcription de l’enregistrement audio de son interview à la Galerie Bill Reid de l’art de la côte du Nord-Ouest, en février 2009.

Bonjour, je m’appelle Jim Hart. J’aimerais parler un peu du mât « Celebration of Bill Reid Pole ». C’est un mât héraldique qui célèbre la vie de Bill; il a été sculpté pour la Galerie Bill Reid. La raison pour laquelle j’y ai pris part c’est que je pense que nous, en tant que Haïdas, nous avons envers Bill une immense dette de gratitude pour le travail qu’il a accompli dans le passé pour nous faire progresser, pour nous mettre en vedette.

Chez nous, il y avait des gens qui faisaient de l’art mais qui n’étaient pas connus du monde extérieur, au-delà de Haïda Gwaii, et comme Bill connaissait assez bien ce monde-là et comment s’y déroulent les choses; il a été un vrai champion pour ce qui est d’attirer l’attention sur son travail et sur le peuple haïda. C’est pour cela que nous devons tant à Bill. Et, bien sûr, il nous a aussi laissé un important legs. Je pense donc vraiment que le travail qu’il faisait n’était pas seulement pour lui-même mais également pour les Haïdas. J’utilise moi-même ses œuvres comme objets d’étude et je sais que les générations futures vont en faire autant, à partir de maintenant et pendant de longues années de ce millénaire.

Je suis assez enthousiaste de mon travail sur ce mât de vingt-deux pieds de hauteur, soit juste un peu plus de sept mètres. Il porte sur lui tous les emblèmes de famille de Bill – l’emblème de sa mère, son emblème, l’emblème de Bill, qui est un Wasgo (une créature aquatique mythique en partie loup et en partie épaulard), le Loup entre les oreilles, une oreille étant un Oiseau-Tonnerre et l’autre un Épaulard. Et puis, vous avez le Cuivre, qui porte un emblème de Loup, et enfin tout en haut se trouve le Corbeau, qui est Bill, je l’appelle Bill. Étant le Corbeau, Bill incarnait ce Grand Décepteur, celui qui joue des tours à l’humanité, et c’est ainsi qu’il se comportait.

Je l’ai rencontré pour la première fois dans les années 1980, Bill, et il m’a sauvé la vie d’une certaine façon, vous savez, il m’a enseigné beaucoup de choses, je lui en suis très reconnaissant.

Étape 3 : Remplir la feuille de travail « Je sais/Je me demande »

Demandez aux élèves de réfléchir à ce qu’ils savent et à ce qu’ils se demandent au sujet de Bill Reid. Distribuez la feuille de travail « Je sais/Je me demande ». Expliquez aux élèves que le sujet à examiner est la vie de Bill Reid. Demandez-leur d'écrire ce qu’ils savent et ce qu’ils aimeraient savoir au sujet de Bill Reid. Cette feuille de travail servira de moyen d’évaluation à la fin de la leçon.

Deuxième activité : Bill Reid vu de plus près

Étape 1 : Biographie de Bill Reid

Explorez la vie et l’œuvre de Bill Reid en utilisant les ressources imprimées et audiovisuelles qui figurent dans les sections de la biographie et de la galerie de l’exposition virtuelle.

Demandez aux élèves de lire (seuls, en groupes ou avec toute la classe) les textes sur la vie et l’œuvre de Bill Reid.

Étape 2 : Citations au sujet de Bill Reid

Bill Reid a forgé sa propre identité sur une période de plus de cinquante ans d’activité artistique, comportant l’étude exhaustive et la maîtrise des techniques de bijouterie et d’orfèvrerie traditionnelles européennes et de l’art traditionnel haïda. Il a créé des œuvres originales qui ont fait honneur à ces traditions tout en poussant leurs limites dans de nouvelles directions.

Ce qui suit sont plusieurs citations de ce que d’autres personnes ont écrit à propos de la vie et de l’œuvre de Bill Reid.

Demandez aux élèves de former des groupes de quatre élèves, de lire les citations les uns aux autres et d'en parler pour comprendre ce que cherchait à dire l’auteur de chaque citation ansi que sa signification pour ce qui est de l’identité de Bill Reid et de l’identité des Haïdas.

Attribuez ensuite une citation à chaque groupe pour que les élèves la résument en leurs propres mots et la présente à la classe, ou encore demandez aux élèves de rédiger un sommaire d’une ou de plusieurs des citations. Encouragez les élèves à partager ce qu’ils ont appris au sujet du parcours personnel de Bill Reid, puis de le personnaliser.

Un exemple de résumé entre parenthèses suit chaque citation.

Explorez plus à fond pourquoi Bill Reid est si célèbre en lisant les citations suivantes de quelques-unes des nombreuses personnes qui ont écrit à son sujet.

*Des suggestions sont données après chaque citation.

« Le rôle qu'a joué Bill Reid dans la restauration de l'art de la côte ouest pourrait être décrit comme un cheminement qui a mené à une découverte de soi, à la découverte de son propre centre de créativité ancré dans les racines de la tradition et à une croissance et une ouverture vers l'extérieur depuis ce noyau culturel. »

(Traduction libre du MCC, d'après Joan Vastokas, « Bill Reid and the native renaissance, » ArtsCanada, nos.198/199 (juin 1975), p.18)

(Au fur et à mesure que Bill Reid découvrait l’art de la côte Ouest, il découvrait aussi sa propre identité.)

« L'art de Bill Reid, c'est l'art de la côte nord-ouest avec quelque chose de plus, quelque chose de nouveau ! Tout en restant profondément fidèle à ses racines, l'art de Reid est fortement imprégné de la personnalité de son auteur. C'est ce qui rend ses sculptures si parfaitement reconnaissables et surtout dignes de se placer sur la grande scène du monde. »

(Claude Lévi-Strauss, cité dans « Bill Reid ou la renaissance de l'art Haïda », par Martine Reid et Muriel Tohmé, GEO, no. 229 (mars 1998), p.49)

(Bill Reid unissait son style personnel et ses propres idées à l’art traditionnel haïda.)

« Son œuvre remet en cause la notion populaire selon laquelle l'essence de l'art découle de la recherche du nouveau, de l'innovateur, de l'avant-garde. »

(Traduction libre MCC, d'après Michael Ames, cité dans l'avant-propos de Karen Duffek, Bill Reid: Beyond the Essential Form, Vancouver : University of British Columbia Press, 1986)

(Bill Reid était le créateur d’œuvres d’art qui remettaient en question le goût actuel pour l’art d’avant-garde.)

« Les techniques d'orfèvrerie qu'il maîtrise lui ont permis de repousser les limites auparavant fixées par les maîtres qui l'avaient précédé. Employant le repoussé, le moulage, la soudure et le recouvrement avec l'argent, Reid a prêté trois dimensions aux bijoux de la côte ouest. Autrefois, la technologie limitait à la simple gravure de motifs à la surface du métal. »

(Traduction libre du MCC, d'après Karen Duffek, Bill Reid: Beyond the Essential Form, Vancouver : University of British Columbia Press, 1986, p.13)

(Bill Reid a combiné de nouvelles techniques à l’art traditionnel haïda.)

« Bill a découvert les ossements desséchés d'un art majestueux et, comme un chaman, il en a secoué les couches de poussière accumulées dans les musées et lui a redonné vie. »

(Traduction libre du MCC, d'après Bill Holm, cité dans le catalogue « Bill Reid: A Retrospective Exhibition », Vancouver Art Gallery, 1974)

(Bill Reid a découvert l’art traditionnel haïda et l’a porté à l’attention du monde.)

« On considère que Reid a fait franchir une étape importante à la conception haïda en réalisant des sculptures entièrement libres qui reprennent les formes haïdas traditionnelles. En libérant son oiseau du mât totémique vertical, Reid semble lui-même s'être libéré de certaines des contraintes qui le liaient au passé. »

(Traduction libre du MCC, d'après Edith Iglauer, « The Myth Maker », Saturday Night, vol.27, no.2 (février 1982), p.22)

(Bill Reid a ajouté une troisième dimension aux formes haïdas.)

« Le Corbeau a peut-être créé le peuple haïda, mais on prétend que Reid l'a recréé au XXe siècle. En faisant revivre l'art traditionnel de ce peuple, ce qui est déjà un exploit remarquable, Reid n'a fait que lancer un mouvement, qui devait être lourd de conséquences. La renaissance de l'art haïda a ressuscité la culture des Haïdas de l'archipel de la Reine-Charlotte et contribué à la découverte d'une nouvelle volonté politique parmi eux. »

(Richard Wright, « The Spirit of Haida Gwaii : La renaissance de l’art haïda », En route, mars 1991, p.88)

(Bill Reid a influencé les questions sociales et politiques qui préoccupent les Haïdas.)

« Sa vision amène les jeunes à tirer fierté des réalisations véritables de leurs ancêtres et à les imiter de façons nouvelles, pour que les Autochtones puissent revendiquer leur place dans le monde tout en demeurant distinctement haïdas. »

(Traduction libre du MCC, d'après Karen Duffek, Bill Reid: Beyond the Essential Form , Vancouver : University of British Columbia Press, 1986, p.26)

(Bill Reid a donné confiance aux jeunes.)

Demandez aux élèves de résumer ce qu’ils comprennent au sujet de Bill Reid en rédigeant leur propre « citation » de deux ou trois phrases.

Troisième activité : Mâts héraldiques et traditions

Étape 1 : À propos des mâts héraldiques

Décrivez l’histoire et le rôle des mâts héraldiques aux élèves. Reportez-vous aux ressources imprimées de Halpin (1981), Kramer (1995), MacDonald (1983) et Stewart (1979 et 2004).

Enregistrement sonore : Totem Poles (0:28) (en anglais)

Transcription

Eh bien, ces figures sur les mâts héraldiques sont toutes très importantes. Pour nous, les totems occupent une place très importante dans notre histoire, l’histoire de notre peuple, car ils montrent qui vous êtes, d’où vous venez, votre histoire, votre famille, votre clan. Ils sont très importants quand vous traitez avec tous ces êtres surnaturels, et avec les autres tribus de votre nation…

Étape 2 : Perpétuer la tradition

Discutez de la signification du mât « Celebration of Bill Reid Pole » et de la raison pour laquelle James Hart de Haida Gwaii l’a créé.

Enregistrement sonore : Carrying on the Tradition (5:28) (en anglais)
James Hart parle de son expérience en tant que sculpteur et du maintien des traditions haïdas.

Transcription

Bonjour, je m’appelle James Hart, Jim Hart, ou de mon nom haïda Edensu. Edensu est un nom qu’on m’a donné en 1999. Mon oncle Morris White m’a transmis Edensu, le nom d’Edensu. Il est mon oncle, je suis son neveu. La manière dont cela se passe pour nous, quand ce nom est donné il est accompagné des fonctions de chef de notre clan, le clan Songostasus, ainsi en prenant le nom on assume le poste de chef, la vie change. Vous devez prendre garde des plaisanteries que vous faites et toutes ces affaires, parce que maintenant les gens parlent de vous comme étant le chef et ils regardent de près chacun de vos mouvements.

Ce que je fais donc, je sculpte le bois, j’aimerais dire des œuvres merveilleuses, dans la tradition haïda. Pour moi c’est très important parce que j’essaie de maintenir nos traditions, maintenir la signification de notre art. C’est la force de notre art, vous savez, il est toujours créé pour une raison. Et cela était encore plus vrai autrefois quand nos ancêtres avaient développé notre art et notre style artistique. Il fallait hériter des droits de sculpter à la naissance, et puis non seulement il fallait naître avec ces droits pour pouvoir sculpter il fallait aussi en avoir les talents. Mes aînés ils avaient ces talents, ils les ont perfectionnés, et je commence à croire que c’était dans les gènes, vous comprenez ce que je veux dire? Quand je suis né, ces talents étaient déjà dans mes gènes et il m’a suffit d’y donner libre cours.

Lorsque j’ai découvert que nous avions un art bien à nous pendant mes études secondaires, j’ai découvert que nous avions notre propre style artistique et une culture, j’étais si réjoui que je n’arrivais pas à retenir mon enthousiasme. Je me suis senti comme si j’étais en extase pendant trois jours. C’était comme une nouvelle vie pour moi à partir de ce moment-là, parce que, auparavant, j’avais vu des œuvres d’art et j’essayais de trouver mon propre style. Dès que j’ai découvert que nous avions un art et une culture haïdas, je n’ai pas perdu de temps je me suis tout de suite concentré et j’ai commencé à étudier davantage notre peuple et à écouter nos légendes. C’était l’occasion de consulter les personnes âgées de ma famille et de commencer mon cheminement en apprenant qui nous étions et comment sculpter. Et de prendre les outils en main aussi. J’avais toujours bien aimé sculpter mais ce n’était plus la même chose quand je me suis rendu compte que de sculpter était une de nos traditions, et plus tard que c’était un prolongement de qui j’étais, vous savez. J’aimais vraiment bien l’acte de sculpter.

Vous savez, je sculpte sérieusement depuis 1979. C’est ce que j’ai décidé de faire pour le reste de ma vie – le travail de sculpture – et dans les années 1980 quand j’ai rencontré Bill Reid, il m’a demandé si je voulais travailler avec lui, l’aider à sculpter « The Raven and the First Men » (le Corbeau et les premiers hommes) je lui ai répondu que bien sûr. Après avoir vu cette sculpture je voulais travailler pour lui. J’aimais beaucoup son travail. Il a un beau mouvement et de belles pièces, alors il m’a beaucoup appris et j’ai travaillé pour lui pendant quatre ans avant d’avoir à m’échapper pour aller faire mon propre travail.

Mais j’apprends encore de lui en étudiant ses œuvres. Vous savez, je connais la technique mais ensuite on apprend de différents artistes en examinant leur travail, ce qu’ils ont apporté à ce monde et comment ils l’ont fait, vous pouvez arriver à comprendre des choses comme ça.

Alors, je peux dire que la sculpture occupe une place très importante dans ma vie.

Avec le travail artistique j’ai l’impression d’avoir tout juste commencé. Chaque fois que le regarde je me sens comme un jeune gamin parce qu’il y a tellement à apprendre que j’ai l’impression d’avoir tout juste commencé, c’est toujours comme ça bien que j’y travaille sérieusement depuis 1979, et on apprend toujours quelque chose de nouveau, ça ne finit pas, ça ne finit jamais.

J’attache beaucoup d’importance au respect à nos ancêtres et à notre art, à nos origines et à qui nous sommes. Vous savez, tout est révélé dans notre art qui exprime notre histoire, nos légendes, nos clans. C’est impressionnant quand on commence à y réfléchir sérieusement et qu’on se rend compte de quoi il s’agit. C’est pour cela que j’ai toujours l’impression d’en être juste au début. Il y a tant à faire. Bill a poussé l’art avec le métal, les bijoux, vous savez, et l’or, fabriquant des coffrets et faisant du repoussé et des incrustations. Maintenant, nous travaillons le bronze, et un de ces jours nous allons commencer à sculpter une grosse pierre, vous savez. Ça prend beaucoup d’ampleur, mais encore une fois le respect est l’essentiel ici.

Et je suis bien content de faire partie de cette tradition et, surtout, d’être tombé sur Bill Reid. Il était un champion pour moi quand j’étais plus jeune et je savais qui il était et je surveillais de loin ce qu’il faisait, ainsi il a été un vrai mentor pour moi pendant de nombreuses années.

Enregistrement sonore : “You’re a Haida” (1:00) (en anglais)
James Hart parle de l’identité et du legs de Bill Reid.

Transcription

Et, en tant que Haïdas, nous étions très fiers de lui parce qu’il était ici dans la grande ville où il faisait découvrir au monde le peuple haïda, vous savez. C’était une bonne chose pour nous, en tant que peuple. Et Bill a graduellement commencé à s’adonner à l’art, à l’art haïda, et il a commencé à en comprendre la signification. Il faisait des bijoux et il sculptait le bois, il a aussi travaillé au Musée d’anthropologie à UBC. Mais en cours de chemin, il pensait à lui-même, à son identité et à la relation qu’il avait avec les Haïdas. Quand on est un Haïda, on est un Haïda pour de bon, on ne peut pas y échapper. Ainsi, si quelqu’un vous dit, « Non, tu n’es pas un Haïda, » ce n’est pas juste, vous savez qu’on n’a pas le droit de dire cela parce que Bill est un Haïda. Je lui ai dit une fois qu’il n’avait pas besoin de s’en inquiéter parce qu’il est haïda, de ne jamais y repenser, de continuer tout simplement avec sa vie habituelle, puisque nous, les Haïdas, nous l’observons tout le temps. Nous l’observions avant, nous l’observons encore, nous étudions encore ses œuvres.

Enregistrement sonore : Bill Reid’s Legacy (0:51) (en anglais)

Transcription

Ce que je ressens envers Bill : Bill est un homme qui continue à enseigner, vous savez, et nous lui devons beaucoup pour ce qu’il a fait pour notre peuple, en tant que Haïda, et ce qu’il a mis au clair pour nous, et tout le travail qu’il a fait pour notre peuple dont nous bénéficions aujourd’hui et qui nous servira à l’avenir. C’est grâce à lui que nous avons été reconnus et ce n’était pas chose facile à faire dans ce temps-là. Bill était un chef de file dans ce domaine, ici dans la ville, il travaillait avec d’autres pour attirer l’attention sur la richesse de notre art, ici même sur la côte de la Colombie-Britannique et jusqu’en Alaska. Nous n’avions donc pas besoin d’aller en Europe pour voir la splendeur, nous l’avions sur place, devant nous.

Demandez aux élèves : Comment votre famille continue-t-elle ses traditions? Demandez-leur d’écrire leurs expériences à cet égard et invitez-les à le partager avec les autres.

Quatrième activité : Emblèmes et identité haïdas

Étape 1 : Au sujet des emblèmes et de l’identité haïdas

Expliquez aux élèves l’importance et la diversité des emblèmes traditionnels qui symbolisent les origines, l’histoire et la lignée de la famille. Dans la culture haïda, vous acquérez votre identité de naissance, mais vous pouvez l’augmenter si vous êtes assez puissant. Chaque figure ou emblème a une histoire et représente les expériences d’un individu ou d’une famille.

Enregistrement sonore : “It’s Who We Are” (1:30) (en anglais)
James Hart parle de l’histoire et de l’identité de la famille.

Transcription

Vous savez, vous naissez sous un emblème. Vous naissez d’une mère, bien sûr, et votre mère est celle qui vous transmet tout ce qui vous appartient. Donc tout provient d’elle et du côté maternel de la famille. Et ce qui appartient à votre mère, vous appartient automatiquement. C’est qui vous êtes. Les emblèmes ont été développés au fil du temps pour une raison ou une autre. Chaque figure que nous avons, les figures d’emblèmes, elles ont toutes une très belle histoire et elles sont toutes validées en tant que figures d’emblèmes. La personne qui possède un emblème doit le valider d’une façon ou d’une autre. Vous pouvez en acquérir un autre, vous pouvez, en fait, en gagner un autre aujourd’hui, mais pour cela il faut avoir un grand potlatch et il faut payer les gens pour qu’ils viennent et qu’ils soient témoins de toute la cérémonie et vous validez ainsi la nouvelle figure d’emblème, puis à partir de ce moment vous, et peut-être des membres de votre clan familial, pouvez l’utiliser. C’est ainsi que les figures d’emblèmes étaient très importantes pour nous, elles représentaient qui nous sommes. L’histoire du système d’emblèmes est aussi très importante. Nous sommes un peuple dont l’histoire est orale, elle raconte nos expériences passées et nos exploits, elle les perpétue d’une certaine façon. C’est notre identité. C’est qui nous sommes.

Enregistrement sonore : “Proving We’re Human Beings” (4:23) (en anglais)
James Hart parle de l’environnement et de l’identité.

Transcription

Vous savez, une fois Bill Reid m’a dit que si on regarde nos villages, là où ils sont situés, ils sont toujours situés dans un bon endroit pour la récolte d’aliments, pour la nourriture, car nous sommes un peuple vivant en bord de mer, un peuple de la mer, la majorité de nos aliments proviennent de la mer. On cultivait quelques plantes, on cueillait un peu de baies et d’autres aliments dans la forêt, mais principalement on se nourrissait des produits de l’océan. Si vous regardez les anciennes scènes de village, vous verrez les pirogues sur la plage, les maisons sont construites juste un peu en retrait du bord de la plage et les mâts héraldiques sont là entre les maisons et le bord de l’eau, nous n’occupions qu’une étroite bande de terre le long du rivage.

Quand on vit comme ça, en chantant et en dansant beaucoup et en faisant toutes sortes de bruits on se prouvait tout simplement qu’on était des êtres humains. C’est ce que Bill m’a dit. On prouvait qu’on était des êtres humains quand on chantait et on dansait. Ça m’a pris un certain temps pour arriver à le comprendre. Maintenant je le comprends et bien sûr nous vivons dans un monde surnaturel, entourés d’un grand océan, et ce qui se passe dans les océans, et dans la forêt derrière nous, et sur les montagnes, tout cela est vraiment intimidant dans un sens, on devait donc chanter et danser beaucoup pour nous prouver les uns aux autres que nous sommes des êtres humains et prouver notre statut entre nous, et nos mâts héraldiques montraient qui nous étions.

Vous n’auriez pas voulu être une personne ordinaire, c’est certain, et si vous aviez un statut hiérarchique élevé la vie était bien meilleure pour vous et votre opinion comptait.

Toutes ces traditions étaient donc assez importantes pour nous. Elles donnaient lieu à des potlatchs qui prouvaient notre identité en tant que peuple, notre histoire, quelle était notre place dans l’histoire, et toutes ces choses. On engageait des combats quand quelqu’un revendiquait quelque chose qui ne lui était pas dû, surtout si on empiétait sur notre territoire ou une de nos prérogatives, car ces choses étaient méritées et protégées jalousement par nous et nos semblables, c’est-à-dire nos clans, vous savez.

Selon mon histoire le peuple Shongalth-Staastaas formait un groupe uni sous le blason de l’Aigle, au nord des îles. On travaillait avec un autre groupe uni sous le blason du Corbeau, Yahgulanaas, et c’est principalement avec des personnes de ce groupe qu’on se mariait. Cela c’est historique, c’est l’histoire. Quand on érige nos mâts héraldiques ou déploie nos emblèmes, on montre les rapports qui existent entre nous. C’est donc vraiment, vraiment important sur le plan de notre identité. On ne portrait jamais l’emblème de quelqu’un d’autre. Jamais. On n’y pensait même pas. Si vous apportiez un nouvel emblème, vous deviez travailler très dur pour le faire reconnaître par les autres, pour qu’ils l’acceptent comme étant vôtre. Alors il fallait organiser un grand potlatch pour le présenter et aussi payer les gens qui allaient être témoins de l’événement. C’était des choses très importantes. Des choses très importantes. On ne les prenait jamais à la légère.

Selon la coutume nos emblèmes étaient tatoués sur nos bras, notre poitrine, notre dos, nos jambes, nos mains, vous savez …nos visages, pour montrer qu’on attachait pas mal d’importance à notre identité personnelle. De plus, les Haïdas étaient très fiers. Nous étions assez fiers de qui nous étions, de notre art et de notre bravoure, vous savez, nous étions des gens forts. Il nous arrivait d’aller sur le continent et de capturer des personnes pour en faire des esclaves et nous capturions aussi des membres d’autres clans pour avoir des esclaves. Encore une fois, il y avait un aspect d’identité dans tout cela. Si on appartenait à une famille dont un des membres avait été pris comme esclave, toute notre identité, notre statut diminuait et on devait passer beaucoup de temps pour retrouver ce statut, même si ce n’était pas de notre faute. C’était ça la situation. C’était très dur autrefois.

Étape 2 : À propos des emblèmes sur le mât « Celebration of Bill Reid Pole »

Enregistrement sonore : Celebration Pole Crests (1:00) (en anglais)
Montrez aux élèves une photo du mât « Celebration of Bill Reid Pole ». James Hart explique la signification des emblèmes sur le mât « Celebration of Bill Reid Pole ».

Transcription

La figure de Wasgo est la grande figure à la base du mât, elle soutient le reste pour ainsi dire. Dans l’oreille droite du Wasgo vous avez l’Oiseau-Tonnerre, et dans son oreille gauche c’est l’Épaulard. Ces deux créatures regardent vers l’extérieur. Puis, entre les oreilles, il y a un Loup qui sort la tête de sa tanière représentée par cette forme plus ou moins ovale autour de sa tête. Et ce sont toutes des figures d’emblèmes de Bill. Bien sûr tout en haut du mât, nous avons le Corbeau, c’est la pièce qui couronne le mât, si on peut dire. Et le Corbeau, Bill se considérait comme le Corbeau, le Décepteur, avec tout ce que cela implique. Et étant moi-même un Aigle, quand je travaillais pour Bill, je l’observais au travail. Il n’avait pas à pousser trop loin dans la manière du Corbeau, mais il le faisait, et c’est ce qui le rendait qui il était.

Enregistrement sonore : Celebration Pole Copper (2:22) (en anglais)
James Hart parle de la valeur des Cuivres et de la signification du Cuivre sur le mât.

Transcription

Mon fils, GwaLiga, et moi-même l’avons martelé – nous l’avons découpé et martelé. Tout d’abord nous avons fait le dessin, nous l’avons posé sur la feuille de cuivre, nous l’avons découpé puis tous les deux nous l’avons travaillé au marteau pour lui donner la forme que vous voyez là. Il a une forme merveilleuse, c’est une ancienne forme historique : vous avez le « T » au centre et puis vous avez la figure d’emblème sur le panneau du haut et des barres sur les deux panneaux du bas. La figure d’emblème sur le haut représente un Loup qui vient du continent, c’est le lien qu’avaient les habitants de Tanu avec les gens du continent.

Les Cuivres sont des choses qui ont une grande valeur, encore plus pour nous en tant que Haïdas. Les Cuivres avaient une grande valeur, ils représentaient la richesse, c’était comme un système bancaire, ils étaient importants. Plus les Cuivres étaient importants et avaient de prestige, plus de valeur leur était attribuée par ceux qui les possédaient. Ils pouvaient valoir tant de pirogues, tant d’esclaves, tant de toutes sortes de choses. Ils avaient un nom, et le nom était tel que nous en parlions à nos occasions importantes, comme les potlatchs. On sortait le Cuivre, on disait son nom, on parlait du Cuivre comme si c’était un être vivant. C’était comme une entité vivante, vous savez, ici juste à côté de nous, et les cérémonies lui donnaient du prestige. Le Cuivre portrait alors le prestige d’un autre potlatch dans son histoire et cela augmentait encore plus sa valeur.

Les Cuivres étaient donc très importants et on les utilisait de différentes façons. On ne les utilisait pas comme des boucliers. On les appelle parfois des boucliers, mais ce ne sont pas vraiment des boucliers comme ceux que les Européens utilisent pour se protéger, comme mécanisme de défense. Ils étaient juste une forme. Les anciens Cuivres avaient énormément de valeur parce qu’il fallait beaucoup de travail pour les façonner en une feuille de cuivre avec cette forme spéciale, une forme très importante.

Bill était une personne importante pour nous et je pense qu’avec le Cuivre là-haut sur le mât ça nous aide à penser à Bill et à ce qu’il a fait. Alors, cela rend Bill à mon avis plus important, vous savez, c’est ce que nous ressentons pour lui.

Enregistrement sonore : The Copper Design (0:32) (en anglais)
James Hart explique la signification du motif du Cuivre

Transcription

Encore une fois, le Cuivre porte l’emblème du Loup et sur les panneaux du bas vous voyez trois rayures de chaque côté de la ligne verticale du « T », elles représentent aussi les côtes. Si vous regardez attentivement le motif du Loup, vous voyez cette tête de Loup, les dents, la langue, mais vous voyez aussi la queue qui remonte vers le centre et vous voyez les pattes du Loup sur chaque côté.

Pour récapituler, demandez aux élèves d’identifier les emblèmes suivants (décrits par James Hart) sur le mât :

  1. Wasgo : Une créature aquatique mythique, mi-Loup, mi-Épaulard.
  2. Oiseau-Tonnerre : Un des emblèmes de Bill Reid. L’oiseau-Tonnerre a cligné des yeux pour produire des éclairs et ébouriffé ses plumes pour créer le tonnerre.
  3. Épaulard: Un des emblèmes de Bill Reid. Celui-ci a une forme humaine avec une nageoire dorsale prolongée. (Les Épaulards retirent leurs accoutrements humains lorsqu’ils vont dans leur village sous-marin.)
  4. Loup: Obtenu d’une tribu sur le continent. Également un emblème de Bill Reid. Il y a un Loup sur le Cuivre, et un autre Loup qui sort la tête de sa tanière.
  5. Corbeau : Grand Décepteur, changeur de forme et héros culturel. Corbeau avait créé l’humanité, le soleil, la lune et les étoiles, mis Saumon dans les rivières et donné l’eau douce aux Haïdas. Corbeau était l’emblème de Bill Reid.
  6. Cuivre : Un symbole de richesse, de respect et de prestige, utilisé en guise de devise. Certains Cuivres ont leur propre nom et leur identité. Ce Cuivre porte l’emblème d’un Loup. Les rayures noires sont ses côtes.

Cinquième activité : Exprimer l’identité : style, matériaux et conception

Étape 1 : Style

Il y a de nombreux autres exemples d’emblèmes traditionnels haïdas, tels que l’Aigle, le Castor, le Colibri, la Grenouille et l’Ours. En 1909, un anthropologue, nommé John Reed Swanton, avait identifié plus de 65 emblèmes haïdas. Depuis lors, beaucoup d’autres emblèmes ont été créés et validés. Chacun exprime quelque chose au sujet de la famille qu’il représente et l’artiste qui l’a créé.

James Hart a choisi de sculpter les emblèmes du Wasgo, de l’Oiseau-Tonnerre, de l’Épaulard, du Loup et du Corbeau sur le mât « Celebration of Bill Reid Pole » car ils étaient associés à Bill Reid et représentatifs de son identité. Il a aussi choisi le style particulier à utiliser en reconnaissance et en célébration de l’identité de Bill Reid.

Enregistrement sonore : Style (1:23) (en anglais)
James Hart explique qu’il a incorporé dans sa sculpture des éléments du style de son grand-père, Charles Edenshaw, et du style de Bill Reid :

Transcription

Pour choisir le style à adopter pour ce mât, ce projet, je pensais à Bill, et je pensais à mon vieux Chinny Edenshaw, mon vieux grand-père, Charles Edenshaw, parce que Bill respectait vraiment Charlie et le travail qu’il avait accompli. Il lui portait une très haute estime et il parlait de lui tout le temps. Il avait un nom spécial pour lui.

Je pensais donc à ces deux hommes quand je réfléchissais à une idée pour le mât. J’y ai apporté le style de Bill, dans le sens qu’il aimait que son travail ait un caractère très vivant et qu’il s’y passe beaucoup de choses. C’est pourquoi j’ai mis beaucoup de détail dans les bras et les jambes et partout, en pensant à Bill, et j’y ai aussi apporté des éléments du travail de Chinny Charlie parce que Bill le considérait comme un champion, et il avait énormément de respect pour son travail. J’ai donc essayé de combiner les deux styles en hommage à ces deux hommes. Ça a été très amusant pour moi de trouver comment le faire et d’y réfléchir dans cet esprit.

Étape 2 : Matériaux

James Hart parle des caractéristique du cèdre rouge utilisé pour le mât « Celebration of Bill Reid Pole » .

Avant de lire la transcription suivante, demandez aux élèves de réfléchir aux matériaux utilisés pour la construction de leur école. Demandez-leur pourquoi on a choisi ces matériaux. Des exemples de réponses : les matériaux sont facilement disponibles, durables, solides, ont une belle apparence, etc. Dites aux élèves que James Hart explique ici pourquoi il a choisi le cèdre rouge pour créer le mât « Celebration of Bill Reid Pole » .

Enregistrement sonore : Materials (1:19) (en anglais)

Transcription

Le bois que nous avons utilisé pour ce projet est du cèdre rouge. Il provient de Haida Gwaii, et nous avons, en fait, trois arbres différents pour ce projet, ce mât héraldique. La grande partie centrale vient de Skidegate, la vallée de la rivière Yakoun je crois, et puis il y a cette planche pour les deux nageoires et la queue dans le dos du Wasgo qui viennent d’un autre arbre également de la vallée de la Yakoun, et puis le Corbeau est sculpté dans un troisième arbre et celui-là aussi vient de la vallée de la Yakoun. Et tous ces arbres avaient plus de 500 ans, ce sont donc des parties de ces arbres, nous avons beaucoup de chance de les avoir, c’est ce qu’on appelle des cèdres rouges de « forêt ancienne ».

En effet, le bois lui-même est très spécial pour nous car il résiste à l’usure du temps, vous savez, qu’il soit un mât ancien, ou une maison, ou un canoë ou quoi que ce soit que nous fabriquons avec ce bois. On l’utilisait beaucoup, le cèdre rouge, on l’utilisait pour beaucoup de choses de la vie quotidienne et il nous a bien facilité la vie en réalité. Le cèdre rouge résiste à l’humidité, à l’usure du temps, vous savez, c’est le bois qui dure le plus longtemps de tous les bois, car nous avons un milieu très humide là-haut dans les îles …

Étape 3 : Concepts

Les figures humaines et animales dans l’art haïda sont des représentations stylisées de créatures naturelles et surnaturelles. Elles peuvent habituellement être identifiées par leurs traits caractéristiques, tels que les longues dents du Castor, le bec droit du Corbeau ou les oreilles de l’Oiseau-Tonnerre. Parfois ces caractéristiques sont abstraites et détachées, alors que dans d’autres cas les éléments de plusieurs figures sont unis dans un même espace.

Traditionnellement, les artistes de la côte du Nord-Ouest utilisent les éléments artistiques de « la ligne figurative », des ovoïdes et des formes en U. Ces éléments sont discutés en profondeur et de manière définitive dans Holm (1998).

Enregistrement sonore : Design and Environment (1:04) (en anglais)
James Hart parle des éléments de conception inspirés par l’environnement de la côte du Nord-Ouest :

Transcription

Le climat, le climat dans lequel nous vivons la plupart du temps, nous a rendu très robustes. Et puis vous voyez notre combinaison de couleurs – le rouge et le noir sont nos couleurs principales, puis nous y ajoutons une sorte de bleu-turquoise, un genre de bleu céleste, qui provient de notre argile que l’on trouve sur les rives de la rivière Naden ; c’est une teinture remarquable. Avec le cèdre … c’est vraiment un agencement de couleur très fort mais vous comprenez que les gens de notre peuple ont de très fortes têtes dans ce sens, et vous pouvez voir d’où cela provient. Si vous regardez l’eau et ce qu’elle fait au sable, vous commencez à voir en regardant la nature autour de vous, vous commencez à voir les différents éléments de la conception de nos motifs qui sont inspirés de la nature et sont intégrés au travail lui-même. C’est vraiment assez étonnant. Vous passez du temps à Haïda Gwaii et vous commencez à le remarquer, en étudiant notre art, et tout cela commence à avoir du sens, vous savez. Nos ancêtres étaient des gens remarquables, ils réfléchissaient longuement aux choses.

Enregistrement sonore : Artists Inspiring Artists (1:39) (en anglais)
James Hart explique comment les artistes sont inspirés par d’autres artistes et leur art.

Transcription

J’ai vu une fois une vidéo à une exposition, une autre exposition des œuvres de Bill Reid, ça pourrait être celle-ci, il travaillait du métal, un morceau d’argent, puis il est tombé par hasard sur le travail de Chinny Charlie Edenshaw, et son propre travail a changé juste comme ça, tout d’un coup, boum! C’est comme si d’un jour à l’autre il avait changé, il s’est mis à se concentrer sur le travail de Charlie, à étudier ses pièces et cela a pas mal influencé son propre style pendant plusieurs années. Puis vous pouvez voir quand Bill a commencé à aller de l’avant de sa propre initiative, vous savez, ses propres idées, mais en utilisant Charlie comme point de départ et de progresser à partir de là, c’était vraiment surprenant de voir la différence.

Il était comme ça mon vieux Chinny Charlie Edenshaw, vous savez. Si vous regardiez n’importe laquelle de ses œuvres, c’était comme aller à l’école. Bill étudiait une œuvre, il s’arrêtait, il l’étudiait encore. Tous les artistes le font. Ils s’arrêtent tous et ils l’étudient. C’est comme si l’étude de chaque pièce correspond à aller à l’école. Et c’est la même chose avec les œuvres de Bill. Bill Reid a créé des choses assez surprenantes lui aussi, et je m’arrête et je les étudie tout le temps. C’est vraiment enrichissant de les regarder. C’est assez enrichissant d’être ici dans la galerie parmi toutes ses œuvres parce que c’était comme ça dans nos villages traditionnels autrefois. C’était partout autour de vous, et les artistes s’inspiraient du travail des uns des autres et progressaient à partir de là, c’était comme une spirale, c’est donc très inspirant, de se trouver ici, dans cet espace avec tout le travail de Bill, c’est vraiment inspirant.

Sixième activité : Évaluation : « Je sais/Je me demande »

Demandez aux élèves de remplir à nouveau la feuille de travail « Je sais/Je me demande ». Demandez-leur de vous rendre les deux copies de travail pour vous permettre d’évaluer ce qui’ils ont appris.

« Je sais/Je me demande »

Sujet : La vie de Bill Reid

Ce que je crois savoir … Ce que je continue à me demander … D’autres questions que j’ai au sujet de Bill Reid …
     

Fichier PDF imprimable

Septième activité : Exercice : célébration de l’identité

Instructions aux élèves :

Dans la culture haïda, vous naissez avec l’identité du clan de votre mère. Les emblèmes du clan sont hérités et peuvent parfois être choisis pour représenter l’identité de la famille ou de l’individu. Ce sont des objets culturels et symboliques de grande importance et de respect.

Dans cet exercice on demande aux élèves de travailler en collaboration en petits groupes pour célébrer une personne de leur choix au moyen d’un ou de plusieurs matériaux.

Étape 1 : Choisir une personne à célébrer

Choisissez une personne que votre groupe va célébrer. Par exemple, vous pourriez choisir un/e ami/e, un membre de votre famille, un/e enseignant/e un/e voisin/e, un personne active dans un domaine : les arts, la politique, la musique, les sports, l’écologie ou les activités humanitaires – quelqu’un que vous admirez et que vous respectez.

Étape 2 : Créer un « arbre conceptuel » de l’identité

Avec votre groupe, planifiez et menez une recherche sur la personne que vous avez choisie en utilisant diverses sources, imprimées et non imprimées.

Étudiez et discutez comment l’identité de votre personne choisie a été formée par différents facteurs, entre autres : la famille, le sexe, les valeurs, l’éducation, les croyances et intérêts, ce que la personne aime et n’aime pas, l’origine ethnique et la nationalité. Créez un arbre conceptuel des divers aspects de l’identité de la personne que vous pourriez représenter.

Étudiez et discutez quelles caractéristiques, histoires, et quels objets importants sont associés à votre personne choisie. Par exemple, pensez à son environnement, ses modes de déplacement, ses activités préférées, la musique ou les équipes de sports qui lui plaisent, ses styles de coiffure et de vêtements, des histoires à son sujet dont vous avez entendu parler ou que racontent peut-être des articles, des livres, des chansons ou des films, ses dictons ou citations préférés, un animal domestique bien aimé ou un animal qui a les mêmes caractéristiques. Ajoutez cette information à votre arbre conceptuel.

Votre arbre conceptuel devrait comporter des aspects de son identité personnelle et de celle de son groupe.

Étape 3 : Choisir un média et préparer la présentation

Choisissez un ou plusieurs des médias de présentation suivants : photos, essai photographique, diaporama, vidéo, animation, peinture, dessin, collage, montage, techniques mixtes, poésie, musique, sculpture du bois ou autre matériel, estampe ou art de performance.

Examinez les différents aspects de l’identité de votre personne choisie qui sont indiqués sur votre arbre conceptuel. Décidez comment vous allez représenter ces aspects de son identité dans votre média choisi, et ajoutez cette information sur votre arbre conceptuel.

Incluez des éléments représentationnels d’art et de conception qui soient appropriés pour votre média choisi, tel que le type de ligne, la palette de couleurs, le motif, le son ou la qualité du mouvement.

Étape 4 : Créer une œuvre d’art

En travaillant à partir de votre arbre conceptuel, planifiez et créez une œuvre d’art qui représente respectueusement l’identité de la personne que vous avez choisie de célébrer.

Étape 5 : Faire une présentation de groupe et en faire la critique

Faites une présentation de groupe à votre classe. Expliquez pourquoi vous avez choisi de célébrer cette personne. Quels aspects de son identité avez-vous choisis de célébrer, et pourquoi vous avez-choisi les éléments et les matériaux utilisés pour les représenter? Quels aspects de votre célébration de cette personne lui plairait le plus? Pourquoi?

Demandez aux élèves de parler de ce qu’ils ont aimé le plus au sujet de la présentation des uns des autres et d’où ils y ont vu des indications que le thème de l’identité a été abordé.

Étape 6 : Récapitulation

Passez en revue les composantes de l’identité. Demandez aux élèves d’expliquer comment le parcours qui a aidé Bill Reid à découvrir son identité peut être retracé en examinant son travail artistique? Quels aspects de l’identité de Bill Reid sont représentés dans le mât « Celebration of Bill Reid Pole »? Quel impact a eu le parcours personnel de Bill Reid sur la culture haïda?

Notre identité est qui nous sommes. Elle est nos racines et nos ailes – les antécédents de nos familles, les expériences que nous avons vécues, les choses qui nous distinguent en tant qu’individus, nos attitudes et valeurs, comment nous nous voyons nous-mêmes, comment les autres nous voient, les communautés auxquelles nous appartenons, et comment nous agissons entre nous, les choses que nous aimons faire, et ce que nous voulons être et notre façon d’être dans le monde.

Posez les questions suivantes aux élèves pour qu’ils y réfléchissent par eux-mêmes après le cours, ou demandez-leur d’y répondre dans une courte composition  :

Que pensez-vous que les autres choisiraient de célébrer à votre sujet? Qu’est-ce que vous voudriez le plus que les autres choisissent de célébrer à votre sujet?

Fondée sur l’ERI en sciences humaines et en arts visuels de 9e année, cette leçon vise les résultats d'apprentissage prescrits suivants :

Sciences humaines

(Société et culture)

On s’attend à ce que les élèves puissent :

(Applications en Sciences humaines)

On s’attend à ce que les élèves puissent :

Arts visuels

(Percevoir/réagir)

On s’attend à ce que les élèves puissent :

(Créer/communiquer)

On s’attend à ce que les élèves puissent :

Évaluation : Discussion de classe

Critères Auto-évaluation Évaluation de l’enseignant
Je peux expliquer pourquoi James Hart de Haida Gwaii a créé le mât « Celebration of Bill Reid Pole ».    
Je peux expliquer ce que sont les emblèmes et les mâts héraldiques haïdas et pourquoi ils sont importants pour les Haïdas.    
Je peux décrire des œuvres de Bill Reid et le mât « Celebration of Bill Reid Pole » en utilisant le vocabulaire des éléments visuels et des principes de l’art et du design.    
Je peux expliquer comment le parcours d’artiste de Bill Reid est relié à la recherche de son identité.    
Je peux expliquer comment l’art haïda reflète les contextes personnels, sociaux, culturels, politiques et historiques dans lesquels il a été créé.    
Je peux expliquer pourquoi les identités de la personne, de la famille, du groupe et de la communauté sont importantes à la survie d’une culture.    
Notes de l’enseignant :



Fichier PDF imprimable

Évaluation : Illustration, présentation et critique de « Célébration de l’identité »

Le projet d’illustration de l’élève doit attester de sa connaissance et sa compréhension des aspects suivants :

Critères Auto-évaluation Évaluation de l’enseignant
Mon groupe et moi-même avons planifié et mené notre recherche en collaboration en utilisant des sources, imprimées, non imprimées et en ligne.    
J’ai contribué à la recherche d’idées et à la création d’un arbre conceptuel par mon groupe que nous avons utilisés pour préparer une présentation logique et approfondie.    
J’ai pris part activement à l’utilisation de l’arbre conceptuel pour préparer et créer une présentation logique et détaillée.    
Mon groupe a présenté une célébration intéressante et bien réfléchie de différents aspects de l’identité de notre personne choisie.    
Mon groupe et moi-même avons communiqué clairement pourquoi nous avons choisi la personne que nous avons célébrée, lesquelles de ses caractéristiques nous avons représentées, comment et pourquoi.    
Mon groupe et moi-même avons expliqué, en utilisant un vocabulaire approprié, pourquoi nous avons choisi le moyen de communication et les éléments de design que nous avons utilisés pour exprimer et présenter notre célébration.    
Je peux parler des choix de style, de matériaux, de design et de procédés de James Hart de Haida Gwaii et de mon groupe pour créer et présenter notre célébration.    
Notes de l’enseignant :



Fichier PDF imprimable

Sciences humaines 9e année  : Rubrique du ministère de l’Éducation de C.-B.

Notation Critères
5 Excellent. Surpasse les exigences en donnant de l’information, des perceptions ou des interprétations supplémentaires. Clair, exact, détaillé; utilise les sources et les données judicieusement. Analyses réfléchies.
4 Bon. Répond pleinement aux exigences. Donne une information claire, détaillée et exacte; les interprétations sont logiques et font preuve d’une bonne compréhension.
3 Satisfaisant. Fournit de l’information de base, comprenant une certaine analyse ou interprétation des idées, causes, motifs et implications. Clair et facile à suivre.
2 Marginal. Comprend l’information la plus élémentaire, mais il y a d’importantes omissions ou inexactitudes. A tendance à se concentrer sur les personnes, les événements et les lieux (laissant de côté les idées, causes et implications).
1 Incomplet. Peut comporter de l’information inexacte ou sans pertinence, ou des arguments non justifiés. Fondée sur l’ERI en sciences humaines et en arts visuels de 9e année, cette leçon vise les résultats d'apprentissage prescrits suivants :